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Revue de presse

Le discours de J.Powell : des tensions mais pas de panique

05 mars 2018

Des tensions sont apparues sur les marchés mais aucune panique en particulier sur les marchés obligataires, a priori les premiers concernés.

Le discours de J. Powell : des tensions mais pas de panique


Le premier vrai discours de M. Powell, nouveau président de la Banque Centrale Américaine (FED) était très attendu. Il a confirmé qu’il allait monter ses taux, au moins 3 fois. Des tensions sont apparues sur les marchés mais aucune panique en particulier sur les marchés obligataires, a priori les premiers concernés.

 

Quand M. Bernanke, patron de la FED à l’époque,  avait déclaré qu’il allait probablement réduire la taille du  bilan de la Banque Centrale Américaine…c’est une véritable panique qui s’était emparée des marchés !

Les temps ont bien changé.

Bien sûr, chaque mot du discours de M.Powell a été analysé, pesé et commenté mais le stress des investisseurs ne porte plus sur la réduction du bilan de la FED mais plutôt sur les mots « croissance, inflation ou nombre de hausse des taux ».

 

La raison principale de ce calme des marchés quand M. Powell parle de réduction du bilan de la FED (on parle quand même d’un bilan actuellement aux alentours de 4500 milliards de $) réside dans le fait qu’il poursuit simplement la politique de Mme Yellen. La communication de l’ancienne présidente de la FED avait été très claire : elle a annoncé il y a plusieurs mois maintenant ce qu’elle allait faire et comment elle allait faire. La réduction est prévue pour porter sur un montant de 10 Milliards de $  par mois. Le sens est donné et le montant est somme toute modéré…et compatible avec une bonne tenue des marchés.

 

M. Powell a confirmé cette politique de dégonflement progressif du bilan de la FED et indiqué qu’il faudrait environ 4 ans pour revenir à un bilan « normal » de l’ordre de 2500 Milliards de $. Le calme des marchés paraît un peu surprenant néanmoins…en effet aucune Banque Centrale dans l’histoire n’a jamais tenté de réduire son bilan dans une telle proportion dans un délai aussi court. 

 

La psychologie des marchés est toujours un peu la même : autant le discours de M. Bernanke avait surpris à l’époque et donc inquiété…autant désormais la communication a été plutôt bien préparée. Chacun en outre comprend bien que la FED pourra faire preuve de souplesse si les choses évoluaient mal dans l’économie pendant les prochaines années.

 

De plus les marchés ont d’autres sujets de préoccupations : M.Powell a tenu un discours peu convaincant sur le nombre de hausse des taux courts à venir … 3 ou 4 ce qui inquiète les investisseurs. L’inflation, une surchauffe ou  le déficit budgétaire américain constituent d’autres sources de doute. En particulier la politique fiscale et les dépenses actuelles liées à la mise en œuvre de la politique économique de D.Trump finissent par faire redouter un dérapage trop important.

 

Pour le moment, même si les marchés actions consolident un peu, après des mois de progression pratiquement en ligne droite, les marchés obligataires sont finalement assez calmes. Il subsiste néanmoins une nervosité à surveiller. En effet, pour le moment la FED contrôle bien les choses mais, un jour ou l’autre, la Banque Centrale Européenne et la Banque du Japon vont aussi entrer dans une phase de réduction de leur bilan. Toute erreur de communication ou dans la mise en œuvre serait durement sanctionnée. 

Article écrit par Alain Pitous, également disponible sur le site d'Atlantico