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Revue de presse

Point d’étape au tiers de l’année 2018

04 mai 2018

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Après 4 mois, il est généralement possible si ce n’est de savoir ce que sera une année boursière, mais, au moins, de savoir quels seront les thèmes les plus suivis par les investisseurs. 2018 est beaucoup plus complexe. Les aspects géopolitiques, économiques ou liés aux actualités des entreprises ont rarement été aussi changeants. La rapidité des évolutions est également particulièrement grande ce qui rend les marchés nerveux.

Où en sont les marchés à fin avril ?

Commençons par les marchés obligataires. La communauté financière l’attendait de manière claire : les taux devaient monter en 2018. En effet la croissance et l’inflation devaient accélérer et provoquer une réaction des Banques Centrales, l’Américaine en premier. Inéluctablement, les taux courts et les taux longs devaient donc monter. C’est effectivement ce qui se passe globalement depuis le début d’année. Le taux à 10 ans Américain a même dépassé 3% la dernière semaine d’avril. A ce stade, tout se fait dans le calme et de manière très mesurée. Certains s’étonnent même de la faible hausse des taux longs. En effet, depuis quelques semaines les chiffres économiques semblent indiquer une pause dans le rythme de croissance un peu partout dans le monde…et surtout les chiffres d’inflation, malgré un pétrole en hausse très nette depuis plusieurs mois, n’accélèrent toujours pas. De fait, les taux courts montent plus que les taux longs, ce qui traduit généralement une relative défiance de la part des investisseurs sur l’évolution à venir de l’économie mondiale. En tout cas, notre avis reste inchangé sur les marchés de taux : il n’y pas grand-chose à gagner sur les obligations compte tenu des rendements actuels toujours bas et des risques de hausse des taux.

Sur les actions, la période est par contre très intéressante en particulier suite à l’annonce des résultats du 1er trimestre des entreprises américaines qui donnent généralement le ton pour les autres marchés mais aussi parce qu’ils sont les premiers signaux pour l’ensemble de l’année. Les résultats ne sont pas bons. Ils sont TRES bons. Energie, Technos, Financières et cycliques affichent des progressions de leurs résultats supérieures à 25% ! Les analystes n’anticipaient pas de telles croissances. Dans une période normale, ce type de situation aurait dû conduire à une progression sensible des cours…or il n’en rien été. Si on regarde dans le détail on constate même un fait troublant: lors de l’annonce des résultats les cours montent fortement se tassent ou rebaissent quelques heures après en particulier pour les valeurs cycliques. Cela signifierait-il aussi que les investisseurs n’ont pas une grande confiance sur la poursuite de la croissance économique ?

L’explication la plus plausible est que les cours des entreprises sont entrés dans la période d’annonce de résultats en étant probablement un peu surévalués…et que les résultats excellents n’ont fait que remettre globalement les cours à des niveaux plus raisonnables. La lecture des performances des différents secteurs suite aux résultats éclaire un peu sur ce qui pourrait se passer pour 2018. Ainsi par exemple, les valeurs de la techno ont annoncé de très bons résultats mais aussi une bonne visibilité pour 2018 : les cours ont bien tenu après les annonces. Les perspectives et les discours étaient moins positifs pour les valeurs cycliques et malgré de très bons résultats, les cours ont reculé après les annonces. Ce signal sera à suivre de près dans les prochaines semaines et indique qu’il faudra être particulièrement patient avant de compléter des positions sur les valeurs cycliques et industrielles et ne pas se contenter d’une petite baisse avant d’acheter !

Dernier point : le Dollar. Il a baissé depuis plusieurs mois. Cela a été particulièrement positif pour les exportatrices américaines bien sûr mais aussi pour les pays émergents qui ont réalisé de très bonnes performances dans la période de baisse du Dollar. La plupart des pays émergents ont vu la pression sur leur devise diminuer pendant toute cette phase ce qui a été favorable à leurs comptes extérieurs et à leur économie en général. Le Dollar a donné des signes de fermeté ces derniers temps. Les conséquences ne se sont pas fait attendre : les pays déjà sous pression comme la Turquie l’ont été encore plus…et plus gênant, des pays comme l’Argentine ont vu leur situation se dégrader très rapidement. Il serait raisonnable de prendre quelques profits sur les pays émergents dans ce contexte.

En conclusion, sans que la tendance de fonds soit altérée il convient probablement d’être tactiquement plus prudent dans les prochaines semaines.